L'actualite de l'Institut d'Ethique Contemporaine

Prochaine conférence

Gérard Vignaux  et  Daniel Ramirez mardi 18 Mars 2014 à 18h30
"Pour une éthique contemporaine"
Grand amphithéatre
12 ter place Garibaldi – 06300 NICE


Réunion publique du mardi 10 septembre 2013 au Lucernaire

  projection du film "liberté chérie" de Mika Gianotti (2013) durée 55mn  

Huit personnages - de 18 à 88 ans - sont confrontés à l’étendue de leur propre liberté. A travers l’imaginaire d’un futur bordé de peurs et de tabous, Liberté chérie  s’interroge sur la fin de vie et sur les limites acceptées d’une vieillesse dégradée. 

Depuis le salon transformé en studio de tournage, avec émotion et humour, le film transporte le spectateur sur son propre canapé … 

 Débat : autodétermination/suicide assisté/soins palliatifs

invitées : la réalisatrice du film et une spécialiste des soins palliatifs,

le débat sera animé par les membres de l'Institut d'éthique contemporaine

 Vous pourrez ainsi vous informer complètement et débattre sur ce sujet qui sera d'actualité durant l'automne avec un projet de loi prévu avant la fin 2013

 
Plus encore que d’autres débats de société, les questions de fin de vie doivent être abordées sereinement sans fausse pudeur et sans évitement pathologique. Les différents positionnements sont respectables et il est vraiment préférable que la réflexion de chacun se fasse à des moments de la vie où la pleine possession de nos capacités mentales permet de déterminer un avis représentatif de notre personnalité, de nos croyances ou de notre libre pensée.

Le système actuel tient peu compte de nos particularités et de notre choix personnel et place souvent les médecins et les équipes médicales dans des dilemmes difficiles à résoudre. Le corps médical est formé et expérimenté pour sauver la vie de toutes personnes en difficultés. Ce personnel très spécialisé pourrait être accusé d’avoir failli dans d’autres gestes discutables si l’expression du désir de tous n’est pas déterminée (autodéterminée) préalablement aux situations dramatiques lorsque notre vie est sur le point de se terminer.




Réunion du 20 Avril 2013 : Des 10 COMMANDEMENTS au BOULEVERSEMENT ACTUEL des VALEURS
Sur quelles valeurs fondamentales construire une éthique contemporaine (présenté par Bernard Cretin)

L’humanisme des Lumières a certes renversé la façon de voir théologique, qui met Dieu au principe de toute valeur morale, pour y mettre l’homme et son autonomie, et c’est une rupture importante, mais on peut néanmoins constater qu’au niveau des valeurs elles-mêmes il y a plus continuité que rupture.
Les « dix commandements », rapportés dans l’Ancien Testament, ont une valeur symbolique forte, dans notre tradition judéo-chrétienne, car ils sont un socle de valeurs morales qui fondent nos principes de vie en commun, et surtout ils affirment, au-delà de leur contenu en terme de valeurs, la nécessité de la loi, comme régulatrice de la société.
Que sont-ils ces dix commandements ?

Les 3 premiers ont trait au rapport que l’on doit entretenir avec Dieu :
1. Tu n’auras pas d’autres Dieu.
2. Tu ne te feras aucune idole

3. Tu ne prononceras pas le nom de Dieu …

Il y a là l’affirmation du Monothéisme et le rejet de l’idolâtrie qui est liée au polythéisme. Donc affirmation d’un principe d’unité et donc d’égalité de chacun devant un seul Dieu

4. Tu sanctifieras le jour du sabbat.
Une journée par semaine non consacrée au travail … est-ce l’un des prémices du droit social ?

Et ensuite un certain nombre de principes de stabilisation de la société

5. Tu honoreras ton père et ta mère … Rappel du lien filial

6. Tu ne tueras pas. Refus du meurtre

7. Tu ne commettras pas l’adultère. Rappel du lien conjugal

8. Tu ne voleras pas. Respect des biens d’autrui

9. Tu ne porteras pas de témoignage mensonger. Refus du mensonge

10. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton de ton prochain
Tous ces principes, qui sont des principes de sauvegarde de l’unité de la communauté, ont été proclamés en rupture avec les usages traditionnels de l’époque, qui étaient : l’idolâtrie, le polythéisme, la vengeance, la violence.
Ces « dix commandements » ont été repris dans le Nouveau Testament, et y ajoutant « l’amour pour son prochain » valeur caractéristique du christianisme.

Par la suite les valeurs principales qui y figurent ont été reprises et actualisées, en particulier, dans les diverses déclarations des droits de l’homme. Mais d’une légitimation par le recours à la toute puissance de Dieu on est passé à une légitimation au nom des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Au lieu d’injonctions de ne pas tuer, voler … on proclame des droits à la vie, à la propriété …

Que sont devenus les « dix commandements » dans les déclarations des droits ?

Le « Tu ne tueras point » du sixième commandement du Décalogue, se retrouve aujourd’hui dans les déclarations des droits sous la forme du droit à la vie.
Ce commandement, a été interprété par l’Eglise, comme un principe de respect absolu de la vie biologique, justifiant par là, son opposition à l’avortement et à l’euthanasie.
Mais aujourd’hui, ce principe du respect de la vie en tant que telle, est surpassé par la notion de dignité humaine, introduite pour la première fois dans la « déclaration de 1948 ». Dans la charte de l’UE, c’est l’art 1 qui proclame « La dignité humaine est inviolable, elle doit être respectée et protégée. », alors que c’est l’article 2 qui dit « Toute personne a droit à la vie ».

La notion de dignité, est aujourd’hui une valeur centrale qu’on invoque dans de nombreux débats. On se demande ainsi si des pratiques telles que : l’avortement, l’euthanasie, la prostitution, la vente d’organes, la gestation pour autrui, la sélection des personnes sur une base génétique, le clonage … sont des pratiques qui respectent la dignité de la personne ?

Même changement de perspective pour le « Tu ne voleras pas », qui est devenu droit de propriété dans toutes les déclarations des droits. Mais il est néanmoins reconnu, dans ces mêmes déclarations, qu’on peut lui appliquer des restrictions, au nom de l’intérêt général, qui est dès lors considéré comme une valeur supérieure au droit de propriété individuel.

Les commandements relatifs aux croyances en Dieu (les 3 premiers commandements) ainsi que celles relatives aux comportements sexuels (refus de l’adultère, ou de « convoiter » la femme de son voisin) sont aujourd’hui considéré comme relevant du domaine personnel, et donc de l’appréciation individuelle. C’est à chacun de se déterminer, selon ses propres valeurs éthiques, en matière de croyances religieuses, philosophiques ou politiques, comme en matière de sexualité. Mais les comportements résultant de ces choix éthiques, ne doivent pas entrainer de nuisance à autrui, ils sont donc régis par les lois en vigueur dans la société.

De façon plus générale aujourd’hui on tend a distinguer, dans le débat public, ce qui relève, d’une part, de la morale, qu’on préfère appeler « éthique publique » qui concerne les relations entre les individus, et qui postule la non-nuisance à autrui comme principe de base, et d’autre part de l’éthique personnelle, qui concerne la façon dont chacun conduit sa vie, et qui ne concerne que lui-même. C’est la distinction entre le juste et le bien que font les penseurs libéraux.

Quelles sont les évolutions de la société contemporaine, évolutions actuelles mais surtout prévisibles pour le futur, qui nécessitent d’adapter voire de remettre en cause les valeurs qui ont été gravées dans les récentes déclarations des droits de l’homme ?

Aujourd’hui, et particulièrement depuis mai 68, l’autonomie et la liberté individuelle tend à primer sur toute autre valeur, dans tous les domaines, en particulier dans le domaine des mœurs : liberté de disposer de leur corps, liberté sexuelle, liberté des minorités (homosexuels, minorités culturelles), mais aussi, car ceci accompagne cela, liberté de consommer (consommer des produits à l’utilité pas toujours évidente, mais aussi consommer de la distraction, de la télé, des spectacles, (dont l’aspect culturel n’est pas toujours évident non plus !) . Cette liberté de consommer se dérègle parfois en addiction.
Aussi en promouvant la liberté n’avons-nous pas, dans le même temps, promu, l’individualisme et l’égoïsme, provoquant ainsi, à la fois le vide existentiel face auquel se trouve de nos jours de plus en plus de personnes, et la dé-liaison sociale, en poussant les individus à distendre voir à rompre leurs attaches avec leur environnement social ?
Mais en parallèle à cette poussée de l’individualisme, d’autres éthiques cherchent au contraire leur fondement, plutôt que sur l’autonomie de l’individu, sur les relations de celui-ci avec les autres et, au-delà du principe de non-nuisance à autrui, mettent en avant les sentiments moraux d’empathie, de compassion, de bienveillance, qui nous poussent à agir pour le bien d’autrui. Nous trouvons alors trouver notre propre bien dans la réalisation du bien des autres. On retrouve cette approche en particulier dans l’éthique chrétienne qui met en avant les notions d’ « amour du prochain », notion aujourd’hui sécularisée en fraternité, solidarité. Il en est ainsi également aujourd’hui des éthiques du care, du soin, de la sollicitude, du souci de l’autre.
Mais, ces deux attitudes, autonomie de l’individu d’une part, souci de l’autre d’autre part, ne s’opposent pas toujours ? Ne faut-il pas y voir au contraire, deux qualités proprement humaines qui, non seulement peuvent coexister, mais qui doivent se conjuguer.
On retrouve d’ailleurs bien, dans notre monde contemporain, ces deux tendances qui viennent se corriger dans un équilibre toujours instable. D’une part la liberté individuelle qui peut dériver en exacerbation des égoïsmes (sous la forme d’un renfermement de l’individu sur lui-même, sur son plaisir narcissique, sur ses intérêts matériels). Mais d’autre part il y a aussi des tendances à l’altruisme (sous la forme du développement de la lutte contre les discriminations, des ONG , des associations d’aides aux pauvres …)

Ainsi à la conception libérale de la liberté qui postule que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » ne faut-il pas préférer, comme le disait Kropotkine, cet anarchiste russe du début du 20ème siècle, une conception de la liberté selon laquelle « la liberté des uns commence là où commence celle des autres » ?

Par ailleurs si on essaie de se projeter dans le futur (qui est déjà là en grande partie !) ces valeurs de liberté et de solidarité sont-elles suffisantes pour cerner tous les problèmes éthiques.

Les problèmes posés par les dégradations de l’environnement mettent l’homme en face d’une nouvelle responsabilité, celle de préserver les possibilités de la vie sur Terre. Ici le simple souci de l’autre ne suffit pas, il faut avoir le souci de l’autre dans le futur (donc de l’autre qui n’existe pas !), voir avoir le souci de toute vie sur Terre, ou même le souci de la Terre.

De la même façon l’émergence des nouvelles techniques de manipulations du corps nous interroge sur la capacité des valeurs éthiques actuelles à nous servir de guides pour l’action dans ces domaines.
L’euthanasie, met rapport conflictuel l’éthique de l’autonomie et l’éthique de la sollicitude. Le respect de l’autonomie du patient consiste t-il à respecter sa demande formelle de mourir, même si celle-ci est prononcée sous l’emprise de la souffrance, ou bien alors à soulager sa souffrance et l’accompagner jusqu’à la mort. D’autre part, la sollicitude à l’égard du patient consiste t’elle d’abord à écouter ses demandes ou bien à soulager sa souffrance ?
Les techniques d’assistance à la procréation et en particulier la GPA posent également le problème de la place de l’autonomie dans la hiérarchie des valeurs éthiques. Ainsi accepter le principe de la gestation pour autrui, c’est reconnaitre à la « mère porteuse » sa pleine autonomie lorsqu’elle prend la décision de porter l’enfant d’une autre femme. Et c’est même reconnaitre à ce geste, une valeur éthique d’assistance, de sollicitude envers une autre femme. Par contre mettre en avant l’aspect instrumental de cet acte, que l’on appellera alors gestation par autrui, c’est nier l’autonomie de la mère porteuse, et considérer que sa décision est, nécessairement ou possiblement, faussée par des considérations extérieures (besoin d’argent, besoin psychologique …).
C’est d’ailleurs la même problématique que l’on retrouve pour la prostitution où les arguments utilisés sont les mêmes. Il s’agit dans les deux cas de « mise à disposition » de son corps pour autrui.
Et de plus, dans les deux cas on se pose la question de la gratuité de l’acte, ce qui pose la question de savoir si un acte gratuit est éthiquement meilleur qu’un acte rémunéré ? Quelle valeur, de la gratuité ou de la « juste rémunération » d’un service, la valeur la plus fondamentale du point de vue de l’éthique ?

Le clonage reproductif, qui sera possible et généralisable dans un avenir plus ou moins proche, nous pose des défis bien plus importants. Intuitivement, nous jugeons que cette technique est inacceptable du point de vue éthique, que l’homme ne doit pas se reproduire par clonage. Mais pourquoi ? Quelles sont, les valeurs que nous transgressons en franchissant le cap du clonage reproductif ? On s’affranchit des processus naturels de reproduction, on met en échec le hasard génétique naturel qui produit de la diversité et qui fait la singularité de chaque individu ?
Mais alors, si on veut sauvegarder le hasard génétique comme étant un principe éthique supérieur, comment déterminer la limite entre, d’une part, les interventions « thérapeutique », pour lesquelles nous pourrions continuer de lutter nous affranchir du hasard, pour guérir des maladies, et d’autre part, les interventions relevant de la transformation ou l’amélioration de l’homme et de ses performances, pour lesquelles nous nous interdirions d’user de techniques visant à réduire le hasard génétique ou biologique (sélection, eugénisme …)?

Au-delà, ce sont les progrès potentiels de la science qu’il nous faut prendre en compte pour imaginer quel pourrait être une éthique du post-humanisme lorsque les progrès des biotechnologies et de l’informatique rendrons possible cet homme augmenté, armé de prothèse, mi-homme mi-machine, doté de pouvoirs physique, mais surtout intellectuels et mentaux, démultipliés. Comment imaginer à quelles valeurs éthiques il devra répondre ?
La question de la préservation du hasard génétique se posera encore bien sûr, car le post-humain sera, ou pourra être, fabriqué en série.
La question du corps lui-même sera posée. Voulons-nous finir avec les contraintes du corps – la vieillesse, la mort, la différence sexuelle, la procréation sexuée ?
L’intégrité physique et mentale de la personne, telle que proclamée dans la Charte des droits de l’UE, doit-elle rester une valeur éthique fondamentale ? ou bien au contraire doit-on accepter que la vie humaine, que l’humanité (dans le sens de la civilisation humaine) puisse se perpétuer dans des êtres, mi hommes –mi machines, voire même uniquement dans des machines, qui seraient fabriquées en série, mais qui « vivraient », apprendraient et se développeraient, intellectuellement, mentalement, psychologiquement, comme les hommes d’aujourd’hui ?
Ces scénarios de science-fiction, s’ils sont encore hypothétiques, mais dont néanmoins certains aspects sont partiellement réalisables aujourd’hui, ou dans peu de temps, doivent être pour nous des aiguillons pour nous interroger sur nos valeurs éthiques.

Pour résumer mon propos :
Les valeurs qui fondent aujourd’hui notre « vivre ensemble », quelque-soit leur justification, au nom de Dieu, de la nature ou de la raison, sont aujourd’hui reconnu et accepté par tout le monde ou presque, elles sont gravées dans les déclarations des droits : dignité de l’être humain, droit à la vie, droit à l’intégrité de sa personne, liberté de conscience, liberté d’expression, égalité en droit, non discrimination …
Mais c’est au niveau de l’application que les problèmes se posent car certaines valeurs rentrent en conflit. C’est ce que nous avons vu avec les problèmes de l’euthanasie, de la prostitution, de la GPA.

De plus, les progrès de la science et des techniques viennent questionner ces valeurs, en nous interrogeant sur ce qui fait l’humain même.

La question est donc ouverte : Quelles sont les valeurs fondamentales pour le monde de demain ?

Des dix Commandements à la Réflexion Contemporaine (présenté par Gérard Vignaux)

Toute vie sociale nécessite la mise en place d'interdits et d'idéaux pour communiquer, échanger et donc pour vivre ensemble. Ce sont ces règles qui régissent le comportement des individus et organisent leurs relations pour permettre une vie sociale. Les normes sociales définissent ce qui est interdit ou autorisé. Sous l'emprise des pulsions, si tout le monde faisait ce qu'il avait envie de faire, le monde serait invivable et l'humanité disparaîtrait très vite. Sans l'existence de certains interdits, chacun pourrait se livrer à des comportements associables les plus agressifs et mettre en péril les mécanismes sociaux assurant la survie de la collectivité.

Egalement liés aux valeurs, les idéaux jouent un rôle déterminant pour motiver chaque personne qui peut ainsi trouver un sens à sa vie sans sombrer dans l'oisiveté et la dépression. La pertinence de certains idéaux assure d'une part la suprématie d'une société sur une autre et, d'autre part, le bonheur ou le malheur de ses membres.

Les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) comprirent très tôt l'intérêt de l'utilisation de l'écriture, gravée dans le marbre, dessinée sur des parchemins, calligraphiée sur des rouleaux de papyrus pour émettre des règles fondamentales.

Dans cette conception, les lois divines gravées dans le marbre sont éternelles et universelles, ou, au moins, absolues; on ne peut donc ni les changer ni les détruire. Les mutations de la société civile sont bien plus rapides que celles des religions. Pourtant et bien que toujours dans un esprit conservateur et en retard sur les m?urs, elles n'ont cessé d'évoluer avec lenteur. Les religieux à la recherche d'une reconnaissance la plus large possible tentent de s'adapter continuellement à l'air du temps. Ils évoquent la parole de Dieu qu'ils sont sensés entendre. Ainsi les 10 commandements, les 7 péchés capitaux et tous les textes de référence possèdent de nombreuses versions sans cesse actualisées.

Qu'en sera-t-il lorsque le premier des commandements sera celui concernant la parole donnée ? celui de l'exigence de la vraie parole et la fidélité à la parole donnée. En effet sans mettre de priorité à ce commandement, toute communication, tout débat n'a plus de sens, rien n'est possible puisque ce commandement conditionne tous les autres.

Aucune des 3 religions monothéistes ne rend hommage aux femmes, ni ne leur accorde les mêmes droits que les hommes. Elles n'appellent jamais expressément à la sauvegarde de leur dignité humaine, ni les dotent des mêmes vertus que les hommes, ni ne leur attribue des qualités intellectuelles comparables. Depuis Adam et Eve, les femmes n'ont jamais possédé une place privilégiée dans les religions monothéistes. Il n'existe aucun texte, aucun passage dans les trois Livres qui fait du respect de la femme, non en tant qu'épouse ou mère, seulement en tant que femme, un devoir de respect de l'être plus faible physiquement. Ce sont les hommes qui conservent toutes les places et les femmes absentes dans la hiérarchie religieuse alors que les femmes sont largement majoritaires dans les offices religieux.

Progressivement s'installe l'idée que la réflexion, la concertation, et les choix démocratiques librement construits sont finalement plus intelligemment construits et humainement plus acceptables que ceux inventés par des prédicateurs.

L’humanisme croit au progrès humain et constitue une philosophie optimiste qui prend pour sujet d’étude l’homme et son appétit de savoir qui s'inscrit au sein de la nature. Le mouvement humaniste fait apparaître une nouvelle conception de l'homme et de la dignité humaine, notion omniprésente dans l'évolution de la morale.

L'évolution de la morale n'est pas un phénomène nouveau mais le rythme est complètement différent de ce qu'il pouvait être il y a plusieurs siècles. Nous assistons à un mouvement qui s'accélère d'une façon qui bouscule tous les repères existants. Certains pensent que l'évolution de la société et des moeurs depuis un siècle a été plus importante qu'entre le néolithique et le début du 20e siècle.

Cette évolution fut rapide grâce à la conjonction de plusieurs éléments :

- Le changement des moeurs intervenu d’abord de concert dans tous les pays occidentaux puis repris maintenant dans la quasi-totalité des états du monde. Ce mouvement est essentiellement marqué par l'émancipation des femmes, des homosexuels par une recherche plus grande de libertés et par un combat contre les discriminations.

- Jamais dans l'histoire l'accès à la culture n'a été aussi aisé et aussi  largement partagé. Les références culturelles multi-ethniques sont discutées positivement pour en conserver le meilleur.

- La prise de conscience écologique : C'est la valeur la plus nouvelle et la plus largement partagée. C'est donc l'élément fédérateur qui peut déclencher des réactions militantes. En assistant aux  conséquences néfastes de la pollution, au pillage des ressources naturelles et à la destruction d’une partie des espèces animales et végétales, c'est reconnaître combien il est urgent de changer les comportements d'économie d’énergie.

- La moralisation civique : récemment, l’éclatement de la crise d’abord financière puis économique déclencha des mouvements d’indignation envers les corruptions, les trop grandes inégalités et les dérives de certains gouvernements. La tendance de l’argent roi semble en régression, ce qui ouvre la porte à d’autres idéaux, l’apparition d’économies équitables et solidaires est une espérance qui rompt avec l’économie cynique liée à la spéculation. Ces initiatives inédites forgent des comportements, une éthique et des valeurs inconnues jusqu'alors.

- L’arrivée du numérique a modifié notre organisation et décuplé nos possibilités d’information et donne à chacun la possibilité d’être réactif et non plus passif devant une radio ou une télévision. Des liens nombreux,  des courants spontanés se créent grâce au développement des réseaux sociaux sur internet qui maintenant peuvent lancer des mouvements comme ce fut le cas dans les révolutions arabes.

 Conclusion

L’observation de certains comportements encore timides et limités à certains milieux si proche de nous, en plein essor, permet d’être optimiste. Nous commençons à voir se construire pas à pas une éthique en rupture avec la précédente sur de nombreux points. Moins de violences, moins d’idées préconçues, moins d’inhibitions mais par contre davantage de transparence et davantage de dialogues qui ouvrent des univers nouveaux.

Cette éthique intègre les éléments basiques des civilisations : grecque, romaine, orientale, extrême orientale, chinoise, en y associant les réflexions les plus actuelles. Nos contemporains construisent un système de valeurs et une éthique moins dogmatiques et largement moins fixés par la tradition.

Ce « patchwork » de valeurs superposées, juxtaposées, semble permettre des moeurs moins rudes et s’active à vouloir intégrer les désirs et les contraintes de notre temps.  Cette observation amène l’optimisme bien utile par ces temps de crise tels que  nous les vivons. C’est une époque charnière et nous sortirons de cette crise bien différents de ce que nous étions auparavant.

Soyons des participants actifs de ce mouvement communément appelé « Post Moderne ». Tentons l'intégration et la réconciliation entre le plaisir, la maîtrise de nous-même, la solidarité et la créativité pour trouver un équilibre de vie ambitieux et prometteur.

Débat Public :

- La dignité: que signifie t-elle?
- La grande multiplicité des valeurs ne traduit-elle pas une dégénérescence
- Le développement exponentielle du nombre de lois ne correspond t-il pas à une fractalisation du mental   
- Si tous les êtres étaient dans "le juste" il n'y aurait plus besoins de lois pour interdire.
- La violence est toujours importante actuellement. Le chômage n'est-il pas une certaine forme de violence?
- La valeur essentielle est l'amour. Il peut se décliner en fraternité, solidarité, sollicitude, assistance à autrui, écoute de l'autre, tolérance,
- Une autre valeur essentielle est proposée: La cessation de la souffrance, notion qui se décline dans le bonheur.
- Mais il est remarqué, à propos de cette dernière valeur, qu'une certaine tension est indispensable dans l'être humain, et que par ailleurs la cessation de la souffrance n'est pas nécessaire au bonheur. 
- L'égalité est aussi une valeur fondamentale
- Entre la carotte de l'idéal et le bâton de l'interdit, il est difficile de trouver le bon équilibre .... d'autant plus qu'il est toujours plus facile d'être contre. Oui mais il est plus épanouissant d'ëtre poussé et motivé par la notion d'idéal que contraint par les interdits.
- Si le chômage et l'exclusion sont des problèmes éthiques alors la valeur a opposer est la solidarité;
- Que signifie "le juste" pour soi? chercher sa liberté, son autonomisation ? Satisfaire ses l'ensemble de ses besoins?
- Les 3 valeurs fondamentales liberté,egalité, fraternité regroupent de nombreuses notions pas très faciles à définir comme la fraternité avec l'amour et la solidarité, l'égalité avec la justice...
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Réunion du Samedi 12 Janvier 2013 à 15h
  

«Le MARIAGE POUR TOUS et LES NOUVELLES PARENTALITES»


Intervenants : Christian COUSIN (docteur Vétérinaire), , Abdelhamid GHRIB (Ingénieur, Doctorant), Gérard VIGNAUX (Psychothérapeute, Psychanalyste), Lounissi HELALI (Ingénieur).

L'évolution rapide des moeurs nous amène à poser la question de modifier ou non la loi sur le mariage. Permettre le mariage pour les couples homosexuels est une question d'actualité puisque ce sujet va être débattu en Janvier à l'Assemblée Nationale.
Un certain nombre de couples homosexuels souhaitent disposer des mêmes droits que les couples hétérosexuels : posséder un cadre officiel reconnu, bénéficier des dispositifs permettant une meilleure sécurité matérielle lors d'éventuels drames de la vie et même pour certains posséder des droits de parentalité. Cette reconnaissance du mariage pour tous peut également permettre des droits de parentalité officiels, à ce sujet deux thèses s'affrontent :
- L’adoption de la loi sur le mariage pour tous, loin de déstabiliser la société, donnera des droits légitimes à des enfants qui se trouvent aujourd’hui dans une situation d’insécurité sur le plan juridique. La filiation des enfants nés par GPA (Gestation Pour Autrui) à l'étranger pourra être légalement reconnue en France. Chaque enfant a besoin d'amour, peu importe que les deux parents soient du même sexe.
- Un couple homosexuel ne peut offrir à l'enfant les modèles féminins et masculins nécessaires à son éducation (un papa et une maman pour chaque enfant est une condition indispensable et non négociable).

Les nouvelles parentalités reposent la question de la confusion entre parents biologiques et parents adoptifs. Cette problématique existe déjà chez certains couples hétérosexuels qui ont recours à la Procréation Médicale Assistée(PMA), n'est ce pas l'occasion de redéfinir des règles où l'anonymat des parents biologiques serait levé ? La complexité de ces filiations demande une transparence pour tous et le débat est plus que jamais utile.

Inscrivez vous et venez en débattre avec nous pour que nous puissions, ensemble, élaborer des propositions en adéquation avec des valeurs adaptées à la société contemporaine.

Compte rendu de la réunion :

Intervention de Gérard Vignaux :

Le débat auquel vous allez assister est organisé par l'association (IEC) qui a comme objet d'étude l'éthique contemporaine. Notre approche de l'éthique et de la morale qui se place sous l'angle du dialogue et de la réflexion est fondamentalement progressiste. Elle s'oppose sur certains points à une morale conservatrice qui lutte pour le maintien absolu des valeurs traditionnelles alors que l'éthique contemporaine peut se développer, se construire, s'établir sereinement en adéquation avec les moeurs de notre temps. Comment sortir du dilemme : revenir à des valeurs conservatrices ou bien se trouver dans un vide existentiel avec une carence manifeste de valeurs ? Quelles valeurs reconnaître pour vivre ensemble sans trop d'agressivité ni de mépris, quel sens trouver à sa vie pour ne pas sombrer dans la déprime ou dans l'addiction ? C'est bien là notre champs de réflexion.

Nous nous sentons concernés par toutes les questions qui concernent l'évolution des moeurs, légiférer sur le mariage et sur de nouveaux mode de parentalité représente un débat d'importance. L'évolution rapide des moeurs nous amène à poser la question de modifier ou non la loi sur le mariage. Un décalage entre les pratiques courantes et la loi invalide la loi qui est transgressée et vécue comme inadaptée. Organiser ce débat est une question d'actualité puisque ce sujet va être débattu en Janvier à l'Assemblée Nationale. Un certain nombre de couples homosexuels souhaitent disposer des mêmes droits que les couples hétérosexuels : posséder un cadre officiel reconnu, bénéficier des dispositifs permettant une meilleure sécurité matérielle lors d'éventuels drames de la vie et même pour certains posséder des droits de parentalité. Cette reconnaissance du mariage pour tous peut également permettre des droits de parentalité officiels, à ce sujet deux thèses s'affrontent :
- L’adoption de la loi sur le mariage pour tous, loin de déstabiliser la société, donnera des droits légitimes à des enfants qui se trouvent aujourd’hui dans une situation d’insécurité sur le plan juridique. La filiation des enfants nés par GPA (Gestation Pour Autrui) à l'étranger pourra être légalement reconnue en France. Chaque enfant a besoin d'amour, peu importe que les parents sociaux soient du même sexe.
- Un couple homosexuel ne peut offrir à l'enfant les modèles féminins et masculins nécessaires à son éducation (un papa et une maman pour chaque enfant est une condition indispensable et non négociable).

« Les choses changent, les sociétés évoluent. Pourquoi « l’ordre symbolique », si tant est que cela existe, serait-il à préserver ? Les maîtres et les esclaves, n’était-il pas un ordre symbolique prédominant jusqu’à son abolition ? La hiérarchie de races l’était aussi, quand on y croyait… De plus, ceux qui sentent ainsi menacé l’ordre symbolique, s’en font une piètre idée, le réduisant à une question d’organes sexuels. S’il existe des ordres symboliques, ils sont faits de langages, de mythes, d’histoire, de valeurs et de leurs hiérarchies, d’art et de littérature, et tout cela avec la richesse et la variété infinie et changeante des cultures humaines, impossible d’enfermer dans un seul modèle historiquement daté ». Daniel Ramirez Décembre 2012

Thérapeute de couple, je rencontre des couples qui fonctionnent avec des logiques nombreuses et variées selon leur culture, leur religion, leur philosophie et leur personnalité. Les couples hétérosexuels et les couples homosexuels sont confrontés à des problèmes et à des conflits qui sont le plus souvent les mêmes. Il semble donc nécessaire que plusieurs cadres officiels différents, la Vie maritale, le Pacs, le Mariage, soient proposés et que chaque couple puisse choisir selon son engagement et selon son attente. Par contre les nouvelles parentalités reposent la question de la confusion entre parents biologiques et parents adoptifs. Cette problématique existe déjà chez certains couples hétérosexuels qui ont recours à la Procréation Médicale Assistée(PMA), n'est ce pas l'occasion de redéfinir des règles où l'anonymat des parents biologiques serait levé ? La complexité de ces filiations demande une transparence pour tous et le débat est plus que jamais utile.

Intervention d' Abdel GHRIB (ingénieur-doctorant) : 

Le mariage pour tous est un sujet qui touche une problématique complexe à la frontière de la politique, l’éthique, la psychologie, et la morale. Est-ce que cette question a été traitée avec la profondeur et la réflexion dans la scène politique et les médias ?

A prime abord, on a tendance à croire que c’est un combat contre la morale religieuse. La question est plus délicate, car le mariage a acquis une forme civile, et qu’il est une forme d’union jusqu’alors entre femme et homme, qui est ancrée dans la mémoire collective. Donc il s’agit de changer une image et de modifier un paysage sociétal.

Est-ce que les décisions politiques doivent suivre ou précéder l'évolution sociétale ? Les lois doivent elles permettre de vivre mieux ou bien doivent elles contraindre à maintenir les symboles existants ? Est-ce que notre société est prête à changer cette image ? La question mérite-t-elle plus de pédagogie auprès de la société avant d’être traité à l’Assemblée ? Est-il vrai que la proposition de la loi est précipitée ?
Cette mesure vient suite à une promesse électorale. Est-ce qu’on peut entendre qu’il s’agit en définitive à suivre un agenda politique, pour affirmer la détermination de la majorité face à l’opposition, au moment où le gouvernement est critiqué sur le volet économique ? car c’est peut-être plus difficile de concrétiser le travail pour tous…

L'opposition de droite s'empare-t-elle de cette occasion pour mettre le gouvernement en difficulté et organiser de grandes manifestations comme ce fut le cas pour l'école libre? Est-ce que le terrain idéologique a été préparé au niveau de la société, ou assiste-t-on à un passage de force politique ?

Je cite le Monde «  Le "Collectif des maires pour l'enfance", qui affirme rassembler "plus de 17 000 maires et adjoints (sur un total de plus de 36 000 pour seulement les Maires)  opposés à l'ouverture du mariage et de l'adoption à des couples de même sexe", réclame que le projet de loi sur ce sujet soit "retiré". »

Il existe des signes de divisions au sein de la société, et en l’occurrence le sondage BVA de la même source « Selon un sondage BVA publié samedi par Le Parisien/Aujourd'hui en France 58 % des Français se déclarent favorables à ce que " l'on accorde aux couples homosexuels le droit de se marier ". 41% y sont opposés. »

« Alors que la tendance lourde depuis une décennie était à une acceptation de plus en plus grande par la société (48 % en 2000, 57 % en 2004, 60 % en 2006 et 63 % en 2011), la courbe s'inverse pour la première fois cette année avec un recul de 5 points des Français y étant favorables et une progression de 8 points de ceux y étant opposés. Le dernier sondage donne 60% pour le mariage pour tous malgré une pression importante des 3 religions monothéistes. En 2011, les Français étaient plus favorables que jamais au"mariage gay" avec 63 % de personnes favorables contre 30 % qui y étaient opposées. »

Il y a-t-il une remise en question de cette cause ? Ou est-ce que la crainte du changement qui est actuellement en train de prendre forme ?


Intervention de Lounissi HELALI(Ingénieur)


Le "mariage" inspiré par la nature et la vie animale résulte d'une démarche de réflexion organisationnelle de la vie humaine depuis que l'homme a commencer a penser donc a exister ;cette conception a évolué et doit évoluer dans le temps ,les religions qui se sont approprié cette façon de faire ont participé fortement a l'ancrage de l'idée du mariage qui ne peut avoir lieu qu'entre deux personnes de sexes différents ;et ce est dans l’esprit des différentes civilisations... 
Devenu mythe et business qui fait le bon heure des lobby des notaires et des avocats et finissant souvent par un divorce le mariage devient un commerce lucratif pour les avocats et d'autres parties impliquées...

Le mariage pour tous ou le mariage pour personne (abolition du mariage) ne sont pas des règles sans elles l'humanité sera menacé de disparaître ; car l'humain trouveras toujours l idée de mettre en place des lois réfléchies et évolutives pour palier a d’éventuels problèmes pendant la vie sans mariage et ce pour tout les couples sans distinction du sexe ...
Le mariage pour tous ? pourquoi créer d'autres contrats or qu'il est plus facile d'assouplir voire de remplacer des anciennes ... 
Alors peut on se passer du mariage ? A mon sens oui ,car c'est une façon de vivre en liberté avec pour seul lien l'amour qui lie le couple (de sexes différents ou de même sexe) et les enfants , le reste c'est une affaires de lois en vigueur , je ne crois pas aux valeurs imposées mais aux valeurs choisies ...
Et le mariage de nos jours reste pour moi une première cause du divorce ...
Il est évident que le mariage doit évoluer pour s'adapter a la situation d'aujourd'hui ,mais une évolution en douceur pour ne pas heurter les esprits trop habitués a l'idée conventionnelle du mariage... Tout doit évoluer car l'humain doit sa survie a l’évolution ...
Et "qui n’évolue plus disparaît " disait Darwin ...

Christian COUSIN (docteur Vétérinaire) a été le modérateur de ce débat, c'est un rôle essentiel qui est de gérer la prise de parole, rappeler les règles pour qu'un tel débat puisse se vivre positivement, faire avancer la réflexion, démocratiser le débat. Il n'est pas concevable que notre groupe réfléchissant sur l'éthique ne possède pas lui même des règles précises lors d'un débat.


Le débat s'est ensuite développé avec la salle...

Débat public du 10 novembre 2012 : DOIT ON ENSEIGNER LA MORALE LAÏQUE à l'ECOLE

intervenants : 

Christian COUSIN (docteur Vétérinaire), Bernard CRETIN (Ingénieur Consultant), Antigone CHARALAMBOUS (Psychologue, Sexologue),  Abdelhamid GHRIB (Ingénieur, Doctorant), Gérard VIGNAUX (Psychothérapeute, Psychanalyste)




  • L’individu contemporain est libéré du poids des institutions traditionnelles mais il est ainsi laissé à lui-même. Solitude, régression de l’engagement politique, syndical ou associatif, désaffection vis-à-vis du collectif ... sont aujourd'hui les signes d'une crise des valeurs qui se traduit pas l’importance croissante des crises d’adolescence et des dépressions chez les jeunes adultes et qui ne peuvent être laissés sans solutions. Face à la difficulté de trouver un sens à leur vie, certains restent dan
    s l’oisiveté, dans la dépendance ou pire encore dans des addictions variées et destructrices. Dans la société contemporaine les références culturelles, religieuses, ethniques, sont multiples et très différenciées. Aussi, entre la confusion et le manque, le rapport aux valeurs est souvent problématique et rend difficile la mise en place d'un idéal qui est un moteur irremplaçable à la réalisation de chacun.

    La nécessité de reprendre la main pour réinsuffler des valeurs collectives est impérative. Mais on ne peut plus de nos jours, alors que les enfants sont exposés aux médias, à l’utilisation d’internet et des outils modernes de communication, enseigner la morale comme le faisaient les instituteurs de la fin du 19ème siècle en professant chaque jour un précepte moral ou un adage juridique.
    Il s’agit donc de définir d'autres logiques d'éducation pour enseigner les valeurs qui doivent constituer les fondements du vivre ensemble dans notre société contemporaine :
    - Entrainer les enfants au débat philosophique, c'est-à-dire à la discussion argumentative où l’on essaie d'abord, par le questionnement, de comprendre les idées et les valeurs des autres, plutôt que de vouloir exprimer et défendre les siennes propres.
    - Créer des espaces de réflexion où la dynamique du groupe permet de mettre à l'épreuve et de tester la fiabilité des courants qui se développent spontanément en réponse aux questions posées.

    Venez en débattre avec les membres de l'Institut d'Ethique Contemporaine, pour élaborer ensemble des propositions pour un enseignement de l'éthique qui soit en adéquation avec les valeurs que nous souhaitons pour la société contemporaine.


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